Communiquer, ce n’est pas juger !

« La première bonne surprise de ta formation, c’est que tu ne portes jamais de jugement négatif » remarquent souvent mes clients. Chacun de nous aime pouvoir exister sans se faire juger. Nous méritons tous d’exister, non pas pour nos défauts mais pour nos qualités. D’ailleurs nos amis nous choisissent car ils apprécient nos qualités. Nous devons toujours avoir ce principe fondamental en tête lorsque nous souhaitons communiquer avec succès. Dans beaucoup de situations, personnelles ou professionnelles, nous pensons en toute bonne foi que nous pouvons juger. Et c’est malheureusement ce qui va endommager les fondements de la communication et de la relation.

Nous existons, c’est notre droit. Nous avons des messages à faire passer pour exister un peu plus fort, avoir notre mot à dire dans une réunion de famille, participer activement à un travail d’équipe. Rien de plus logique. Et nous pensons que les autres doivent nous porter attention. Rien de plus naturel … et rien de moins sûr ! L’autre nous écoutera seulement si nous lui donnons la possibilité d’exister à son tour comme il l’entend, avec ses principes, ses opinions, ses points de vue. Et oui, communiquer, ce n’est pas seulement déverser des paroles dans les oreilles de son interlocuteur ! C’est s’assurer qu’il est dans de bonnes dispositions pour les entendre. Et il en sera ainsi, à condition qu’il se sente accepté, avec ses défauts et ses qualités, qu’il se sente apprécié pour ses bonnes idées, ses intuitions justes,  ses initiatives.

Malheureusement, nous sommes souvent bien trop pressés d’émettre notre avis, de nous faire valoir et nous ne nous préoccupons pas un seul instant de l’autre. Souvent même, nous allons d’emblée émettre des jugements qui vont refroidir notre interlocuteur : « attention à ce que tu vas dire », « que se passe-t-il encore avec vous ?! »,  « le responsable de collecte de données nous dérange encore un fois ». Un jour j’assistais à une rencontre, ici au Québec. Après avoir entendu le nom et l’organisme de son interlocutrice, une personne lui demande si son organisme relève de tel ministère. L’interlocutrice répond d’un air très supérieur « ah non pas du tout ! » La personne s’est immédiatement excusée de son ignorance. Mais au fil de la conversation, nous avons appris que l’organisme appartenait au ministère pressenti encore quelques mois plus tôt. L’attitude supérieure se révélait alors inappropriée, inutile et dommageable pour la relation. Ceci est valable pour nous tous en toute situation de communication. Nous pensons nous rendre intéressants avec ce genre de petites phrases assassines. C’est le contraire qui se produit : dès que nous portons un jugement, fondé ou non, nous mettons fin à la communication !

Que devons-nous faire ? Nous garder d’émettre des jugements, des doutes, des accusations. Essayer de rester neutre, de nous appuyer sur les faits : « tu as la parole », « que se passe-t-il ? », « le responsable de collecte des données a des questions à nous poser », « nous avons récemment changé de ministère ». C’est le minimum pour que la communication ne soit pas rompue.

Si nous sommes en forme, comme dans le bac à sable, nous pouvons même être plaisant, mettre notre interlocuteur de bonne humeur, lui faire remarquer qu’il a deviné juste, lui rappeler une de ses forces. De cette façon, il sera encore plus disposé à entrer en communication avec nous ! Car tout compte fait, communiquer, n’est-ce pas faire preuve d’un peu d’altruisme ?!

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